Les valeurs essentielles qui façonnent l’éducation aujourd’hui

Les valeurs de l’éducation que nous transmettons aujourd’hui serviront de base à leur vie demain…

Regardez bien autour de vous : les enfants n’apprennent pas seulement ce qu’on leur enseigne. Ils absorbent, imitent, reproduisent. Demain, adultes et parents à leur tour, ils referont, souvent sans réfléchir, ce que nous avons fait avec eux. C’est le grand cercle de la transmission. Alors, pourquoi ne pas s’atteler à leur passer des valeurs qui comptent, du partage, de l’empathie, tout ce qui rend la société plus vivable ?

Plus l’effort est investi aujourd’hui par les parents, plus la charge sera légère pour leurs enfants demain. Ils auront alors l’esprit libre pour explorer, inventer, s’émanciper autrement.

N’est-ce pas là ce que nous souhaitons leur offrir, le meilleur de ce que nous pouvons faire ?

Les réflexes qui s’installent trop facilement :

Voici quelques attitudes qui, à force de répétition, deviennent presque automatiques :

  • hausser la voix ou donner une tape quand la situation ou les émotions nous dépassent
  • se montrer impatient face à la frustration
  • éviter d’aborder certains problèmes par manque de confiance
  • laisser le désordre s’installer
  • hésiter sans cesse, avoir du mal à trancher
  • se tourner vers la nourriture pour se réconforter ou combler l’ennui
  • perdre le contact avec ses sensations de faim ou de satiété
  • et tant d’autres encore…

La liste pourrait être rallongée. Si rien de tout cela ne vous ressemble, dites-moi ce qui vous parle dans les commentaires.

D’où viennent ces comportements ?

On se demande parfois pourquoi on agit d’une certaine façon. La réponse se niche souvent dans l’enfance.

Les habitudes du quotidien, les associations d’idées, tout ce que nous transmettons à nos enfants, particulièrement avant 6 ans, s’imprime durablement. Ce sont ces empreintes précoces qui vont guider, voire dicter, des comportements futurs.

S’éloigner de certains schémas exige parfois des années d’efforts. Alors autant leur offrir des repères solides dès les premières années.

Des valeurs qui passent (trop) souvent sans qu’on y pense :

Regardons concrètement comment certains gestes anodins laissent des traces :

  • Apaiser un enfant qui pleure avec une tétine ou une gourde : plus tard, l’adulte cherchera la consolation dans la nourriture.
  • Obliger à finir son assiette alors que la faim n’est plus là : l’adulte ne saura plus écouter ses sensations, ni reconnaître la satiété.
  • Proposer un dessert à un enfant qui n’a plus faim : l’adulte mangera par habitude, non par besoin.
  • Donner immédiatement des granulés sucrés après une chute, pour consoler (homéopathie ou bonbon) : l’adulte associera sucre et réconfort. Ce n’est pas la méthode qui pose souci, mais l’association réconfort/sucre.
  • Vouloir à tout prix que l’enfant cesse de pleurer, même lors d’un chagrin réel : plus tard, il aura du mal à accueillir ses propres émotions, ou celles de ses proches.
  • Recourir à la fessée ou à la gifle : l’adulte reproduira la violence pour résoudre des conflits.
  • Ranger à la place de l’enfant : l’adulte aura du mal à s’organiser ou à gérer ses affaires.
  • Remplacer immédiatement un objet cassé : l’enfant n’apprend pas les conséquences de ses actes, l’adulte non plus.
  • Décider de tout à la place de l’enfant : l’adulte aura du mal à prendre des initiatives ou à faire des choix.

On pourrait poursuivre la liste longtemps, mais l’essentiel est de comprendre l’impact de ces petits gestes quotidiens.

Nous suivons souvent les chemins tracés par nos propres parents. Nos enfants feront de même.

Avez-vous déjà réfléchi à ce que Georges W. Bush ou Nelson Mandela ont vécu dans leur enfance ?

Des histoires radicalement différentes, c’est certain.

À nous donc de prendre conscience de cette force de transmission, et de choisir avec lucidité les valeurs que nous voulons voir vivre chez nos enfants.

Honnêtement, qui n’a jamais rêvé de se libérer de vieux réflexes qui nous poussent à agir à contre-cœur ? J’avoue, moi-même, il m’est arrivé de tomber dans le panneau…

Quelles sont les valeurs de l’éducation positive ?

Les piliers de cette démarche reposent sur plusieurs principes forts :

  • respect
  • sensation de sécurité
  • confiance
  • écoute
  • bienveillance

Comment transmettre ces valeurs au quotidien ?

1. S’épargner la culpabilité

Avant tout, arrêtons de nous auto-flageller. Personne n’est infaillible, et il arrive que les principes ne tiennent pas face à la fatigue ou au stress.

Acceptez vos limites, elles font partie du chemin. Quand la coupe déborde, expliquez simplement à l’enfant ce qui se passe : « Je suis épuisée ce soir, j’ai mal à la tête, je me sens tendue. » Il comprendra, et cela l’aidera à accueillir ses propres débordements.

Regardez les pas accomplis, pas ce qui reste à parcourir.

Des études ont montré que lire sur la parentalité bienveillante (que ce soit des livres, des blogs…) modifie déjà les comportements parentaux.

Ce que vous faites aujourd’hui compte. L’important, c’est d’avancer, même à petits pas, en tenant compte de votre passé, de vos contraintes et de la réalité du moment.

Le chemin peut sembler long, mais laissez-vous porter par l’amour pour vos enfants. Restez fidèle à vos valeurs les plus profondes.

Vous y arriverez, pas à pas.

2. Montrer l’exemple

Les enfants apprennent d’abord par imitation : les neurones miroirs sont à l’œuvre.

Si nous peinons nous-mêmes à gérer nos émotions, difficile d’attendre de nos enfants qu’ils y parviennent, surtout avec un cerveau encore en construction.

Voici un exemple concret :

« Je suis très en colère que tu m’aies frappée avec le balai, surtout que j’avais une poêle chaude en main et je me suis brûlée. Ça m’a fait vraiment mal. Mais je ne dois pas te taper pour autant. »

Je précise : je n’ai jamais frappé mes enfants, mais ce jour-là, la douleur était si vive que l’idée m’a traversée.

« Tu peux réfléchir à ce qui vient de se passer, et trouver une idée pour que je ne sois plus en colère ? »

(Expérience réelle vécue avec Jules, 2 ans. Main brûlée à moitié…)

Si j’avais cédé à la tentation de la tape, qu’aurais-je transmis comme message ?

Faisons le choix d’ouvrir la voie, ils sauront la suivre.

3. Libérer la tension

Crier, oui… mais pas sur n’importe qui.

Si la colère monte, il vaut mieux l’exprimer que la refouler. Mais inutile de diriger ce débordement contre l’enfant. Dites-lui simplement : « Je sens la colère monter, j’ai besoin de crier pour l’évacuer. » Faites-le, sans viser personne.

À ce moment-là, vous lui montrez : exprimer ses émotions, c’est sain. Personne n’a à tout garder pour soi.

L’enfant comprendra ce que vous ressentez, et le climat s’apaise dès que la pression retombe.

On croit parfois que la colère ou l’envie de crier n’a pas sa place dans une éducation bienveillante. C’est faux !

Ce qui compte, c’est la façon dont on gère ces moments.

4. Respecter les besoins fondamentaux

Seul l’enfant sait vraiment s’il a faim, sommeil, ou s’il n’en peut plus. Prendre au sérieux ces signaux, c’est lui permettre de devenir adulte en phase avec ses sensations.

  • Repas :

Ne l’obligez pas à finir son assiette s’il dit qu’il n’a plus faim. Et ne le laissez pas s’endormir d’épuisement s’il dit qu’il veut dormir.

Entre 2 et 3 ans, plusieurs phénomènes peuvent chambouler ses habitudes alimentaires :

1. Les besoins diminuent : la quantité mangée baisse par rapport aux mois précédents. Faites-lui confiance s’il n’avale que quelques cuillères.

2. Les goûts changent : ses papilles se développent et il devient plus sélectif. Beaucoup d’enfants réclament alors des saveurs neutres : c’est temporaire.

Prenons patience, continuons à proposer de nouveaux aliments, sans forcer. La néophobie alimentaire (refus des nouveautés) peut durer jusqu’à 6 ou 7 ans.

3. À cet âge, l’alimentation a aussi une dimension ludique et intellectuelle : il peut préférer jouer ou pédaler que rester à table. Ce n’est pas grave, il apprendra les codes du repas plus tard.

  • Sommeil :

À 2 ans, l’heure du coucher peut soudain reculer vers 22 h, sans qu’on y puisse grand-chose.

On peut décider d’un horaire à partir duquel commence le temps des adultes à la maison (par exemple, 19h30). L’enfant reste dans sa chambre, avec lumière douce, livres ou jeux calmes à disposition.

Si cela ne lui convient pas, on discute, on ajuste, jusqu’à ce qu’il gagne en autonomie.

5. Apprendre par les conséquences naturelles

Rien de tel que de laisser l’enfant expérimenter les conséquences directes de ses choix pour le rendre acteur de ses comportements :

« Si tu ne manges pas, tu auras faim, et la prochaine collation attendra la fin du temps calme. »

« Si tu ne ranges pas les jouets, ils traîneront, on risque de marcher dessus, de les casser, ou même de se blesser. »

Attention, avant 5 ou 6 ans (voire plus), un enfant ne peut pas ranger seul sa chambre.

Dans certains cas, il est difficile d’appliquer ces conséquences : si l’enfant s’en fiche ou que le danger est trop grand (brossage des dents, sécurité…). Mais si on ne tente jamais de lui expliquer, comment pourrait-il comprendre la valeur des choses ?

Stimulez sa réflexion en posant des questions. Plus il fait fonctionner son cerveau, plus il s’approprie les solutions.

6. Le jeu, tous les jours

Le jeu n’est pas un caprice : pour l’enfant, c’est un langage. Il s’exprime, se défoule, comprend le monde. Même si ce n’est pas notre activité favorite, acceptons de jouer un peu à sa manière. C’est l’occasion de l’observer, de l’écouter vraiment, de renforcer le lien, et de dénouer bien des conflits.

7. Le pouvoir des mots

Si votre enfant a besoin de pleurer pour relâcher la pression, laissons-le faire : il en a besoin. Soyons présents, sans chercher à stopper les larmes à tout prix. Un câlin, une présence silencieuse, et l’apaisement viendra.

Et si vous roulez une balle de tennis sous votre pied, cela peut aider à calmer les nerfs et à se recentrer.

  • Quand la colère éclate :

« Tu as le droit d’être en colère parce que ta sœur a abîmé ta poussette. Mais tu n’as pas le droit de la taper. Dis-lui que tu es en colère. »

Notre rôle d’adulte, ici :

  • décrire la situation
  • laisser chacun exprimer ses émotions
  • encourager la communication
  • attendre qu’ils trouvent ensemble une issue
  • Pour les petits bobos :

Décrire ce qui s’est passé et faire preuve d’empathie.

« Tu es tombé sur le genou, ça doit faire mal. Mais tu as peut-être aussi eu peur ? Tu t’es vraiment fait mal ou c’est la peur qui te bouleverse ? »

Pour les plus jeunes, la présence apaise : un contact physique de sept secondes suffit à déclencher la sécrétion d’ocytocine, hormone du bien-être.

Dramatiser n’apporte rien, mieux vaut accompagner et rassurer.

  • En cas de grosse fatigue :

Un câlin, un moment au calme pour recharger les batteries émotionnelles. Une fois l’apaisement amorcé, on l’aide à comprendre ce qu’il ressent : « Tu pleures parce que tu es fatigué, ou que tu as faim… »

Quand ses besoins sont reconnus, proposez-lui une activité tranquille, même si la tempête n’est pas encore totalement passée.

8. Reconnaître les besoins de chacun

Si on n’exprime jamais nos besoins en tant qu’adultes, comment l’enfant pourrait-il deviner que nous aussi, nous avons des limites ?

À ses yeux, nous sommes souvent tout-puissants, infatigables. N’hésitons pas à lui rappeler (calmement) que nous avons aussi nos fragilités.

Un enfant dont les besoins sont considérés chaque jour sera plus attentif à ceux des autres.

Quels outils pour avancer concrètement ?

J’ai mis au point un petit cadeau pour les personnes qui s’abonnent à ma newsletter, pour cheminer ensemble vers une éducation attentive.

Voici un secret bien gardé : ce document a quelque chose de spécial…

En l’utilisant, il s’imprime dans l’esprit. Même posé de côté, ses bienfaits persistent.

Les proches qui l’ont adopté ont vu de vrais changements, chez eux et chez leurs enfants.

Prenons l’image d’une plante : avant 6 ans, c’est comme si le bulbe se formait. Plus il est vigoureux, plus la plante sera épanouie. C’est l’avenir de la société qui se joue dans cette transmission silencieuse.

Je partage donc avec vous le cahier de la parentalité attentive. Pour le recevoir, remplissez le formulaire ci-dessous :

Dernier mot

Parents, dans ce texte et à travers le document à télécharger, je vous transmets les ressources et les astuces que j’ai bâties au fil de mon expérience de maman Montessori et d’éducatrice. Ce sont elles qui m’aident chaque jour, et j’espère qu’elles vous seront aussi précieuses pour transmettre à vos enfants ce qui compte le plus pour vous.

Si ces pistes vous sont utiles, partagez vos ressentis. Cela compte beaucoup à mes yeux.

Je vous souhaite une journée de famille aussi douce qu’inspirante.

bizsoon

Cécile